Vanité

substantif féminin


Lors de sa visite sur la seconde planète, le petit prince fit la rencontre d’un étrange personnage lui demandant s’il était venu là pour l’admirer, c’est-à-dire « reconnaître qu’[il était] l’homme le plus beau, le mieux habillé, le plus riche et le plus intelligent de la planète.» Assurément, il était tombé sur un vaniteux… Mais comment définir la vanité ? Avec son chapeau destiné à saluer les personnes venues l’acclamer, ce fat nous donne quelques clefs de décryptage de ce défaut.

Emprunté au latin classique vanitas, ce mot désigne un « état de vide, une apparence vaine, un mensonge, une illusion » et peut s’appliquer aussi bien aux choses qu’aux personnes. La Bible affirmait unilatéralement que « tout n’est que vanité » c’est-à-dire que tout sur terre est illusoire et destiné à passer. Déclarer la vanité d’une chose, c’est dire d’elle qu’elle est futile et inconsistante. Par exemple, on peut penser que le maquillage est une vanité : c’est un plus, mais il n’est pas essentiel : il donne l’illusion d’une apparence, mais ne définit pas le caractère profond d’une femme.

Ce terme peut également être employé au pluriel dans le langage des arts plastiques. Les vanités peintes sur la toile représentent des objets rappelant que rien ne dure dans la vie d’un homme. Un sablier ou une bougie, pour figurer la fuite du temps, une rose qui se fane ou un crâne, pour avertir de la perte de la beauté et de la vie, ou encore des bijoux et des instruments de musique afin de montrer combien les plaisirs sont éphémères.

Lorsqu’il se rapporte à une personne, le mot de vanité peut être compris comme un synonyme de « prétention », de « morgue », de « suffisance ». Ce trait de caractère déplaisant implique que celui qui en est affecté est extrêmement satisfait de lui-même et se juge supérieur aux autres alors que concrètement, rien ne justifie ce sentiment. On pourrait donner l’image d’un gros ballon : aussi imposant qu’il soit, il n’est toujours rempli que de vide, c’est une illusion de grandeur. Certains people ont fait de la vanité leur fond de commerce : si l’on se rappelle par exemple de Mickaël Vendetta, l’inventeur du concept de « bogossitude »… Vous ne voyez toujours pas ? C’est normal, de la vanité il ne reste bien souvent que… du vent.