Introverti

adjectif verbe transitif substantif


Dans son livre Merci pour ce moment paru en 2014, Valérie Trierweiler posait une définition personnelle de l’introverti en ces termes : « On se trompe en confondant introverti et timide. Un introverti n’a pas peur des autres, c’est quelqu’un qui est incapable de tourner ses sentiments vers l’extérieur, il les renvoie en lui-même. » Souvent assimilée à tort à d’autres traits de caractère, l’introversion est une attitude assez fréquemment répandue et parfois mal interprétée. Un petit retour s’impose donc sur le profil méconnu de l’introverti.

Pouvant être utilisé en tant qu’adjectif ou substantif, il est issu du latin introvertere. Composé par dérivation d’un préfixe intro- signifiant « à l’intérieur » et du verbe vertere « tourner », l’introverti est celui qui, littéralement, est « tourné vers son intérieur », c’est-à-dire vers lui-même. Popularisé par les travaux des psychanalystes Freud et Jung au début du XXème siècle, ce mot se retrouve également en allemand sous la forme introvertiert, et en anglais, avec introverted.

Si le sujet est tourné vers lui-même, est-ce à dire qu’il se montre égoïste ? L’introverti, aussi renfermé sur lui qu’il puisse sembler, peut tout à fait être altruiste. Par exemple, un collègue un peu taiseux et déjeunant souvent seul pourra par exemple vous proposer son aide s’il vous voit en difficulté ou vous prêter quelque chose pour vous dépanner. L’introversion n’est pas une indifférence au monde, ni un nombrilisme patenté. L’introverti serait-il alors timide ? Ce dernier n’a pas non plus peur du regard des autres et ne peut pas être défini comme tel. Lors d’un pot entre collègues ou pendant une soirée, il y a toujours l’exemple type de la personne seule avec son verre. L’individu timide souhaiterait lier conversation avec d’autres, mais l’interaction sociale lui est compliquée en raison souvent de la crainte du jugement d’autrui. L’introverti ne souhaite pas forcément parler avec d’autres personnes, entendre les conversations ou discuter avec quelqu’un lui suffira à alimenter une vie intérieure souvent très riche.

L’introverti n’est donc ni égoïste, ni timide, ni même asocial : il se suffit juste à lui-même ce qui ne l’empêche pas d’être sensible au monde extérieur qu’il apprécie et contemple depuis son for intérieur.


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