Prolixe

adjectif adverbe


Il existe bon nombre de personnes prolixes, vous en connaissez très sûrement autour de vous, ou peut-être vous a-t-on dit un jour que vous l’étiez vous-même ? Seriez-vous alors prolixe sans le savoir ? Qu’a-t-on voulu vous signifier par là ?

Issus du latin prolixus « allongé, long », ce mot au sème initialement spatial voit son sens évoluer vers une connotation temporelle à partir du XIIIème siècle. Sa forme médiévale prolipse évoque en effet quelque chose qui dure longtemps et s’utilise généralement pour un discours ou un écrit long, abondant. Employé aujourd’hui essentiellement en tant qu’adjectif, il peut également se rencontrer sous sa forme de substantif, mais cet usage est plus rare et moins naturel. On dira en effet plus volontiers « Hervé est prolixe » plutôt que « Hervé est un prolixe ».

La prolixité est-elle alors envisagée comme une qualité ou un défaut ? La personne prolixe est-elle un individu parlant beaucoup parce qu’il est un brillant rhétoricien ou tout simplement un moulin à paroles ? Hélas, la personne prolixe s’apparente souvent au deuxième cas bien que cela ne puisse exclure parfois des talents d’orateur. Il y a toujours dans ce type de parole abondante, la notion de superflu, de redondance. Le prolixe parle trop… beaucoup trop… et généralement pour livrer une information qui aurait pu être synthétisée en une seule phrase.

Nous avons tous dans notre entourage l’exemple d’une vieille tante qui, au lieu de nous dire tout simplement « quelle est la date d’anniversaire de la cousine Léonie ? », nous demandera : « Tiens ce matin, quand je me suis levée, j’ai regardé sur le calendrier de la poste, tu sais celui avec le petit chien qui me rappelle tant Yookie le chien que ton grand-père avait adopté l’été 1972 lorsqu’il l’avait retrouvé près de la rivière où vous aviez l’habitude de pêcher, et je me suis demandée si ce n’était pas bientôt l’anniversaire de la cousine Léonie, tu te rappelles celle qui te donnait des bonbons au citron à chaque fois qu’elle te voyait ? ». Voilà la différence entre une question concise et une interrogation prolixe, souvent apparentée à la logorrhée verbale.

Notons enfin que la prolixité est généralement un trait associé à la gente féminine ou à l’enfant de trois ans avec lequel vous pourriez être confiné dans la même voiture sur plusieurs centaines de kilomètres…


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